HervE Bazin et la recherche universitaire

La présence à la Bibliothèque universitaire d’Angers d’un Fonds littéraire Hervé Bazin est une chance pour les chercheurs du monde entier et un atout pour l’université d’Angers. Elle a organisé deux colloques internationaux : l’un en 1986 sous la direction de Georges Cesbron – en présence de l’auteur –l’autre en 2007 sous la direction d’Anne-Simone Dufief.

Les chercheurs – en thèse ou en post-doc ou pour y préparer des articles - sont les bienvenus dans l' université d'Angers qui leur offre la possibilité de travailler in situ. L’œuvre de Bazin est encore à étudier dans de nombreuses directions : romancier de mœurs il se prête à des études conduites dans une perspective historique et/ou socio-critique, romancier autobiographe il s’inscrit dans les curiosités contemporaines sur les genres de l’intime (autobiographie, auto-fiction etc.), acteur majeur de la vie littéraire il est un auteur incontournable pour les chercheurs intéressés par l’histoire littéraire, etc. Bien des pistes restent à explorer.

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Lire Hervé Bazin

Comme bien des lecteurs, j’ai d’abord rencontré Hervé Bazin en lisant Vipère au poing puis les autres romans de la trilogie Rezeau et également Le Matrimoine, un témoignage sur l’évolution du féminisme qui conduit le lecteur des lendemains de la deuxième guerre mondiale à mai 1968. Romancier, Bazin connaît l’art de retenir captif son lecteur, mais l’intrigue n’est pas tout et chemin faisant, il établit avec le lecteur une relation personnelle, ce qui n’est pas son moindre charme.

Devenue professeur à l’université d’Angers, j’ai redécouvert cette œuvre – dans son intégralité – et le métier acquis n’a en rien altéré le plaisir de lire ces romans. La recherche permet ces relectures qui transforment en classique l’écrivain naguère dans l’actualité. L’œuvre y gagne d’être abordée avec sérénité et entre en résonance avec les autres œuvres littéraires. Ayant cessé d’être scandaleux les romans de Bazin peuvent être étudiés selon les problématiques d’une littérature qui pense - dans la grande tradition – que rien de ce qui est humain ne doit lui être étranger. L’œuvre bazinienne le fait « en mouvement » au rythme du siècle passé où les transformations – des modes de vie, de penser, de sentir – se sont accéléré au pont de donner le vertige.

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